Dis-moi, ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi , ton coeur parfois s'envole-t-il , Agathe ?
La mer, la vaste mer console nos labeurs !
- Quel démon a doté la mer, - rauque chanteuse
Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs, -
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer console nos labeurs!
Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !
Loin ! - loin ! - ici la boue est faite de nos pleurs !
Est-il vrai que parfois le triste coeur d'Agathe
Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,
Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?
Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,
Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,
Où dans la volupté pure le coeur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé !
Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons mourant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
- Mais le vert paradis des amours enfantines,
L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?
- Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs
Et l'animer encore d'une voix argentine,
L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?
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Le mot Paradis vient du persan "pardis" qui signifie jardin
et paradis.
Le texte inscrit sur la miniature indique que :
"C'est un beau jardin. Entre l'est et le sud,
il y a un bassin, d'où, pour arroser le jardin, s'écoulent
quatre ruisseaux. Il est entouré d'arbres fruitiers : quelques-uns
portent des grenades; d'autres portent des oranges amères,
dont les couleurs d'un orange profond et l'odeur acide indiquent,
avec la venue prochaine de l'automne, la maturité savoureuse
et parfumée des fruits."
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