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INTERPRETATION
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I
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INTERPRETER
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Dans un morceau de musique, mélodie et accompagnement interagissent : les accords s'entendent simultanément et l'ensemble des phrases musicales superposées que nous écoutons constitue, pour des oreilles non exercées, une seule musique. Ces lignes musicales rencontrent en chacun de nous un auditeur différent : notre éducation musicale, ce que nous avons vécu, l'être momentané que nous sommes à chaque instant selon notre humeur, nos soucis, l'environnement paisible ou bruyant où nous sommes lorsque la musique s'offre à nous, tous ces facteurs font que nous entendons une musique différente... L'interprétation voulue par le chef d'orchestre ou les musiciens intervient elle-aussi dans notre façon de comprendre la musique. De même l'effet produit par un poème est différent : chaque auditeur l'entend différemment parce que ce qu'il perçoit résulte d'une interaction entre le poème et lui-même : or chaque être humain est un individu unique... D'où la notion de "lectures plurielles" qui admet pour chaque oeuvre d'art la possibilité de plusieurs interprétations. Valéry défendait cette idée lorsqu'il écrivait cette phrase célèbre si souvent (et si imprudemment) proposée aux candidats au baccalauréat : "il n'y a pas de vrai sens d'un texte". Ce qui, bien évidemment, ne signifie pas que l'on puisse faire dire n'importe quoi à un texte : il y a des contraintes qui limitent l'extravagance des interprétations. Ces "lectures plurielles" doivent être cohérentes avec la lecture de base, tout comme les interprétations d'un chef d'orchestre ou d'un metteur en scène doivent respecter - pour l'essentiel - la partition musicale ou le texte de l'auteur. Définir les limites de cette liberté
d'interprétation est en réalité un problème
quasi insoluble : mais, dans le cas d'un candidat au baccalauréat,
il vaut mieux être prudent et, comme le recommandent avec raison
les textes officiels, commencer par l'observation minutieuse du texte,
puis en proposer des interprétations de plus en personnelles.
Avant de faire preuve d'originalité, il faut avoir - au préalable
- montré qu'un étude sérieuse du texte a été
faite. Ces "lectures plurielles" sont souvent la meilleure stratégie d'exposition possible : quand vous êtes capable de proposer plusieurs interprétations superposables et cohérentes entre elles, en partant de la plus objective pour aller à la plus personnelle, vous aurez déjà les grandes "parties" qui constitueront le "plan" de votre commentaire composé, dont la qualité essentielle sera justement d'être composé. Même s'il ne s'agit pas de rédiger un commentaire composé, mais de répondre à une question, il est indispensable que votre réponse soit organisée et rédigée avec clarté et correction : rattacher des "remarques de forme" à la signification que le texte a pour vous sera toujours, quelle que soit la façon dont la question est formulée, l'essentiel. C'est pourquoi, même si l'examen que vous préparez ne comporte pas de commentaire composé, il faut vous exercer à justifier l'interprétation que vous proposez en montrant comment elle repose un fondement solide sur lequel ont été construits les étages interprétatifs : la réponse à une question posée sur un texte littéraire exige que vous ayez pris conscience de l'architecture du texte. |
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