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- Rattachez les mots marqués par les oppositions sémantiques
aux pôles indiqués dans la marge, de chaque côté
du texte et préparez brièvement au brouillon ou
oralement un bref commentaire
Immense
/ petit
Cette première
opposition contribue puissamment à rendre sensible la différence
entre Ici où tout est petit - au sens matériel comme
au sens spirituel : la chair, les livres, les jardins, les mouchoirs,
dérisoires devant l'océan et Là-bas, où
tout est sans limites, les cieux, la mer, les nuits, l'exotique
nature
La demeure familiale entourée de vieux jardins
paraît en effet petite en face des cieux et de la mer; tout
y est petit, limité, mesquin : la zone de lumière
limitée par la lampe, le rectangle blanc de la feuille
de papier, la pièce où la jeune femme allaite son
enfant... Les livres eux-mêmes ne sont pas en nombre illimité,
ils n'offrent bientôt plus rien à découvrir
: " J'ai lu tous les livres. "
Inconnu
/ connu
L'immensité
de Là-bas explique qu'il soit associé à l'idée
d'inconnu : tout y est à découvrir ou à inventer.
L'ivresse des oiseaux y naît d'un contact avec une écume
inconnue. Au contraire Ici est lié à l'idée
de connu : c'est un domaine connu - et même trop connu
le plaisir de la " chair " y est " triste ",
parce que répétitif, les livres ont tous été
lus, les jardins sont " vieux "
Ouvert
/ clos
Comparé
à Ici, Là-bas apparaît comme un lieu ouvert,
ce qui correspond à son association avec l'idée
d'immensité. Rien ne ferme les cieux, la mer, les nuits,
l'exotique nature
Au contraire, Ici est le domaine du clos,
les livres constitue un ensemble fini : on peut lire tous les
livres
, ils n'offrent bientôt plus rien à
découvrir ; le papier reste vide, interdit par sa blancheur,
" En face de cet univers clos, limité, étriqué,
l'appel des grands espaces, d'une exotique nature, où tout
est à découvrir
Sensibilité
/Intelligence
Ce
qui Là-bas doit être appréhendé d'une
façon autre que celle dont a été connu :
Ici. Les livres, les vieux jardins, ont été connus
de façon indirecte, par le détour de l'intelligence
: " J'ai lu tous les livres... ou par le plus intellectuel
de nos sens : la vue : les vieux jardins. Cette connaissance semble
ne donner que le reflet des choses, pas leur réalité
: les vieux jardins sont reflétés par le yeux..
A cette connaissance intellectuelle s'oppose la connaissance directe,
celle où l'on " touche " les choses, celle qui
permet d'être " touché " par elles, celle
qu'on éprouve avec la sensibilité. Ce mode de connaissance,
c'est celui des oiseaux qui sont " ivres d'être parmi
l'écume inconnue et les cieux ", celle du cur
" qui dans la mer se trempe ", et auquel il demande
d'entendre ? au double sens d'entendre et de comprendre "
le chant des matelots ".
C'est à cette opposition que se rattache partiellement
l'opposition suggérée entre clarté et obscurité.
La clarté est du côté de l'intelligence (Cf
toutes les expressions qui reposent sur une métaphore oubliée
: être lucide, une explication éclairante, lumineuse
etc. ). Les éléments de la demeure familiale sont,
pour la plupart, baignés de cette lueur blanche : la clarté
déserte de ma lampe sur le vide papier (non noirci par
l'encre) que la blancheur défend " " la femme
allaitant son enfant "
C'est contre cette clarté paralysante (Cf le vide papier
que la blancheur défend) que les nuits sont invoquées
: "0 nuits ! "
Dans ce contexte, la valeur négative attribuée à
" chair " est surprenante. Elle se justifie peut-être
par le désir de Mallarmé d'englober dans un refus
plein de lassitude tout ce qui caractérise Ici : les plaisirs
du corps (la chair) comme ceux de l'esprit (les livres).
Péril
/ sécurité
Mais
l'aspect négatif de Là-bas, c'est qu'il exige que
l'on renonce à la sécurité qu'offre l'ici,
Là-bas, ce sont les grands espaces, l'aventure, l'inconnu,
mais c'est la séparation d'avec ceux qu'on aime, c'est
aussi le risque que cet adieu soit un adieu suprême, avec
la menace des orages et du naufrage
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