Objectif 1 : les RESEAUX LEXICAUX

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Etape 1 : CHAMPS LEXICAUX & REGROUPEMENTS

 

1 - Où se trouve le poète quand il parle de son désir de partir ?

Le poète parle de l'endroit où il se trouve : c'est relativement à ce lieu - probablement chez lui - que "là- bas" se situe : là-bas, où il veut "fuir", c'est loin du lieu où il est au moment où il parle.

 
2 - Relevez les mots appartenant au champs lexical de la nature, du chez soi, de la mer et du déplacement d'un lieu à un autre.

Vocabulaire du chez soi, de la demeure familiale

livres - jardins - clarté (..) de ma lampe - papier - la jeune femme allaitant son enfant

Vocabulaire de la mer

des oiseaux (..) l'écume - la mer - orages - vent - naufrages - îlots - le chant des matelots

Vocabulaire du déplacement d'un lieu à un autre

fuir - là-bas - steamer - mâture - lève l'ancre - l'adieu des mouchoirs - mâts - naufrages - matelots

 

3 - Quels sont les principaux éléments qui incitent le "je" à rester ?

C'est en premier lieu ce dont il a le moins de difficulté à s'éloigner, d'abord la "chair" puis "les livres"; puis ce dont il affirme que rien ne le retiendra : les éléments qui pourraient le retenir sont évoqués par ordre croissant d'attachement : il cite en premier ce qu'il aurait le moins de mal à quitter : son jardin, son travail intellectuel, sa femme, son enfant : rien ne le retiendra.

 

4 - Quels sont ceux qui l'incitent à partir ?

Ce sont les lieux imaginés comme différents des lieux où il vit. Les éléments qui l'incitent à partir sont ceux qui évoquent l'aventure : il rêve du steamer, d'une nature exotique, de fertiles îlots, du chant des matelots...

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5 - Les termes qui appartiennent au vocabulaire du déplacement d'un lieu à un autre appartiennent-ils à Ici ou à Là-bas ?

lls n'appartiennent ni à Ici, ni à Là-bas, mais sont l'expression des sentiments de désir ou de crainte de l'énonciateur à l'égard de deux lieux qu'il considère comme opposés.

6 - Trouvez deux termes qui pourraient permettre, en tenant compte de la situation de l'énonciateur, des choix qu'il envisage, de grouper en deux ensembles ce dont il est question dans le texte.

On pourrait dans un premier temps envisager de regrouper tous ces termes en deux ensembles :

  • Ici : la demeure familiale et ceux qui y vivent
  • Là-bas : tout ce qui est loin de la demeure et les moyens de transport qui permettent de s'y rendre.

Mais se limiter au choix de deux termes aurait comme premier inconvénient de ne pas convenir aux nombeux termes appartenant au lexique du déplacement. D'autre part, ces deux termes désignant des réalités opposées, une valeur positive attribuée à l'un implique la valeur opposée attribuée à l'autre, ce qui obligerait à écrire la même chose de part et d' autre du texte.

En réalité, ce ne sont pas des lieux qui structurent le texte, mais les sentiments ressentis par l'énonciateur à leur égard. Les "côtés" structurant l'organisation du texte sont donc les choix opposés offerts au poète :

d'une part le côté où

là-bas est positif ce qui implique qu' ici négatif

d'autre part le côté où

ici est positif ce qui implique que là-bas négatif

Il est donc préférable d'opposer deux choix possibles

  • Là-bas "+" / ici "-"
  • Ici "+" Là-bas "-"

Choix exclusif qu'impose la logique pour que le texte reste cohérent.

 

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Etape 2 : OPPOSITIONS SEMANTIQUES

 

1 - Relevez les termes où se trouvent des idées communes. Par exemple, relevez les termes par lesquels sont établies les oppositions :

  • immense / petit
  • inconnu (obscur) / connu (clair)
  • ouvert / clos
  • sensibilité / intelligence
  • périlleux / paisible

immense / petit

les cieux - la mer - nuits - nature - vent / jardins - lampe - papier - enfant - mouchoirs

non connu, obscur / connu, clair

écume inconnue - nuits - exotique nature / clarté - lampe - blancheur - allaitant - mouchoirs

ouvert / clos

cieux - mer - nature / j'ai lu tous - vide papier

sensibilité / intelligence

je sens - être - coeur se trempe - entends / j'ai lu tous les livres - reflétés par les yeux

périlleux / paisible

ivres - dans la mer se trempe - nuits - orages - naufrages - perdus - sans mats / vieux jardins - lampe - jeune femme allaitant son enfant

 

 

2 - Relevez les termes qui, relativement aux lieux dont parle l'énonciateur :

là-bas / ici ,

indiquent une attitude positive ou négative : désir ou crainte.

L'énonciateur se trouve "ici" :

Les mots qui indiquent le désir de s'éloigner de l'endroit d'où il parle impliquent une attitude négative pour "ici" et positive pour "là-bas"

fuir - ne retiendra - je partirai - lève l'ancre - espoirs - entends le chant

Les mots qui indiquent le désir de ne pas s'éloigner de l'endroit d'où il parle impliquent une attitude positive pour "ici" et négative pour "là-bas"

ne retiendra - un Ennui- cruels - croit encore - adieu suprême

Le mot retiendra est ambivalent : la négation ne retiendra affirme que la force qui retient le poète "ici" sera finalement vaincue, mais le choix du verbe retenir suggère que cette force existe et que l'ici retient le poète et l'empêche encore (mais temporairement) d'aller là-bas.



 

 

3 - Quel est l'événement qui a modifié l'attitude du poète à l'égard de là-bas ?

Là-bas se présente d'abord comme désirable, puis comme redoutable, et finalement, de nouveau comme désirable. C'est "un Ennui" dont l'irruption brutale est responsable de ce changement. Le mot "ennui" avait autrefois une valeur très forte . "Ennui" contient, étymologiquement, l'idée de haine. Etre ennuyé, c'est être en butte à la haine de quelqu'un. La majuscule fait de ce terme une allégorie qui fait voir le départ sous son aspect négatif : séparation peut-être définitive avec ses proches, risque de naufrage...

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Etape 3 : ETABLISSEMENT DES RESEAUX LEXICAUX

 

1 - Inscrivez de part et d'autre du texte les deux côtés dont parle l'énonciateur (les deux attitudes possibles) :

  • (à gauche) : là-bas "+" ce qui implique : ici "- "
  • (à droite) : ici "+" ce qui implique là-bas "- "

corrige : voir graphique

 

2 - Rattachez les mots marqués par les oppositions sémantiques aux pôles indiqués dans la marge, de chaque côté du texte et préparez brièvement au brouillon ou oralement un bref commentaire

Immense / petit
Cette première opposition contribue puissamment à rendre sensible la différence entre Ici où tout est petit - au sens matériel comme au sens spirituel : la chair, les livres, les jardins, les mouchoirs, dérisoires devant l'océan et Là-bas, où tout est sans limites, les cieux, la mer, les nuits, l'exotique nature… La demeure familiale entourée de vieux jardins paraît en effet petite en face des cieux et de la mer; tout y est petit, limité, mesquin : la zone de lumière limitée par la lampe, le rectangle blanc de la feuille de papier, la pièce où la jeune femme allaite son enfant... Les livres eux-mêmes ne sont pas en nombre illimité, ils n'offrent bientôt plus rien à découvrir : " J'ai lu tous les livres. "

Inconnu / connu
L'immensité de Là-bas explique qu'il soit associé à l'idée d'inconnu : tout y est à découvrir ou à inventer. L'ivresse des oiseaux y naît d'un contact avec une écume inconnue. Au contraire Ici est lié à l'idée de connu : c'est un domaine connu - et même trop connu… le plaisir de la " chair " y est " triste ", parce que répétitif, les livres ont tous été lus, les jardins sont " vieux "

Ouvert / clos
Comparé à Ici, Là-bas apparaît comme un lieu ouvert, ce qui correspond à son association avec l'idée d'immensité. Rien ne ferme les cieux, la mer, les nuits, l'exotique nature… Au contraire, Ici est le domaine du clos, les livres constitue un ensemble fini : on peut lire tous les livres… , ils n'offrent bientôt plus rien à découvrir ; le papier reste vide, interdit par sa blancheur, " En face de cet univers clos, limité, étriqué, l'appel des grands espaces, d'une exotique nature, où tout est à découvrir

Sensibilité /Intelligence
Ce qui Là-bas doit être appréhendé d'une façon autre que celle dont a été connu : Ici. Les livres, les vieux jardins, ont été connus de façon indirecte, par le détour de l'intelligence : " J'ai lu tous les livres... ou par le plus intellectuel de nos sens : la vue : les vieux jardins. Cette connaissance semble ne donner que le reflet des choses, pas leur réalité : les vieux jardins sont reflétés par le yeux..
A cette connaissance intellectuelle s'oppose la connaissance directe, celle où l'on " touche " les choses, celle qui permet d'être " touché " par elles, celle qu'on éprouve avec la sensibilité. Ce mode de connaissance, c'est celui des oiseaux qui sont " ivres d'être parmi l'écume inconnue et les cieux ", celle du cœur " qui dans la mer se trempe ", et auquel il demande d'entendre ? au double sens d'entendre et de comprendre " le chant des matelots ".
C'est à cette opposition que se rattache partiellement l'opposition suggérée entre clarté et obscurité. La clarté est du côté de l'intelligence (Cf toutes les expressions qui reposent sur une métaphore oubliée : être lucide, une explication éclairante, lumineuse etc. ). Les éléments de la demeure familiale sont, pour la plupart, baignés de cette lueur blanche : la clarté déserte de ma lampe sur le vide papier (non noirci par l'encre) que la blancheur défend " " la femme allaitant son enfant "
C'est contre cette clarté paralysante (Cf le vide papier que la blancheur défend) que les nuits sont invoquées : "0 nuits ! "
Dans ce contexte, la valeur négative attribuée à " chair " est surprenante. Elle se justifie peut-être par le désir de Mallarmé d'englober dans un refus plein de lassitude tout ce qui caractérise Ici : les plaisirs du corps (la chair) comme ceux de l'esprit (les livres).

Péril / sécurité
Mais l'aspect négatif de Là-bas, c'est qu'il exige que l'on renonce à la sécurité qu'offre l'ici, Là-bas, ce sont les grands espaces, l'aventure, l'inconnu, mais c'est la séparation d'avec ceux qu'on aime, c'est aussi le risque que cet adieu soit un adieu suprême, avec la menace des orages et du naufrage…

 


3 -
Chaque côté est associé successivement aux termes indiquant l'attitude de l'énonciateur à l'égard de ces choix : attitude positive ou négative : "+" ou "-"

Rattachez les mots indiquant l'attitude de l'énonciateur (désir ou crainte) aux choix indiqués dans le haut du texte et préparez brièvement au brouillon ou oralement un bref commentaire.

Corrigé : Voir graphique

 

4 - Rédigez avec soin un bref commentaire pour monter comment une des oppositions sémantiques (celle de votre choix) traduit un aspect des sentiments ambivalents - désir et crainte - éprouvés par le poète envers Là-bas .

Pas de Corrigé

 

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