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Objectif
4 :
NIVEAU SYNTAXIQUE
auto-correction
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Etape
1 : RELEVE DES ECARTS
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1
- Soulignez les mots et les groupes de mots du poème où
la syntaxe utilisée par Mallarmé vous semble s'écarter
de l'usage.
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BRISE
MARINE
La
chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir
! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être
parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien,
ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne
retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
0
nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur
le vide papier que la blancheur défend
Et
ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je
partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève
l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit
encore à l'adieu suprême des mouchoirs
Et,
peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils
de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus,
sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais,
ô mon coeur, entends le chant des matelots
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2
- L'ordre usuel substantif
/adjectif
a-t-il été modifié
?
- le
vide papier
- une
exotique nature
- fertiles
ilôts
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3
- Relevez les verbes et indiquez les modes et les temps employés.
- indicatif
passé composé : j'ai lu
- indicatif
présent : est - je sens - sont -se trempe - défend
- croit - sont - penche
- indicatif
futur : retiendra - partirai
- impératif
présent : lève - entends
- participe
présent : allaitant - balançant - invitant
- participe
passé : désolé - perdus
- infinitif
présent : fuir - fuir
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4
- Que pré-suppose l'emploi de l'adverbe "encore"
?
Encore
pré-suppose que le mot modifié par "encore"
n'est vrai que provisoirement et sera suivi d'un autre stade : on
peut dire : "il est encore jeune"... mais la syntaxe
n'admet pas : "il est enore vieux"
La
croyance de l'énonciateur en "l'adieu suprême
" des mouchoirs est provisoire, et sera suivie d'un état
où il ne sera plus affecté par cette croyance : la
séparation d'avec les siens aura perdu sa signification d'adieu
définitif et ne sera plus un obstacle au départ.
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5
- Y-a-t-il un emploi inhabituel des articles ?
On
attendrait plutôt : mon coeur que ce coeur - sa
blancheur que la blancheur - ces cruels espoirs que les
cruels espoirs -
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6
- Recopiez la phrase qui commence par "rien" (vers 4 à
8) en la modifiant de telle sorte que vous la rendiez conforme à
la syntaxe habiuelle.
Rien
ne retiendra ce coeur, ni les vieux jardins (...) ni la clarté
déserte de ma lampe (...) ni la jeune femme
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Vers
ETAPE 2 Analyse Cliquez :
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Etape
2 : ANALYSE DU PROCESSUS DE COMPREHENSION
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1-
Restaurez l'ordre usuel des termes chaque fois qu'il vous semble
ne pas être conforme aux attentes. Choisissez trois de ces
modifications pour analyser comment l'effet a été
produit.
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2
- Etudiez l'ordre des mots dans les vers 4 à 8. Quel est
l'effet produit par la construction d'une phrase négative
avec la conjonction "ni" ?
NI
exemple : il n'a ni frère, ni soeur : il n'a pas de frère
et il n'a pas de soeur) annonce une série négative)
L'ordre
dans lequel la série d'éléments qui seront
niés est significative Voir la réponse à
la question 5 de l'étape 3, commentaire rédigé
à partir de cette analyse.
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3
- Etudiez la conjugaison, en particulier l'emploi des modes
et des temps.
Le
présent
Le présent est utilisé avec plusieurs valeurs :
-
présent des vérités éternelles
: la
chair est triste : affirmation que l'emploi du présent
permet de présenter à la fois comme une vérité
permanente, et comme une constatation tirée de l'expérience
personnelle : le présent indique l'adhésion du
" je " à ce jugement. Le
vide papier que la blancheur défend : là encore,
affirmation dont la valeur de vérité est permanente
et la constatation actuelle.
-
présent d'actualité qui permet de donner
au lecteur l'impression que le poème est la transcription
d'un monologue intérieur et de vivre en même temps
que le poète la succession
des espoirs, présentés à l'aide d'un verbe
qui en donne la sensation : je sens que des oiseaux sont
ivres et
des
craintes, elles aussi rendues sensibles par une image : et
peut-être les mâts ( .. ) sont-ils de ceux
qu'un vent penche...
Le
passé composé
- qui
indique que l'action désignée a eu lieu, et qu'elle
est achevée : j'ai lu.
A
noter l'absence de l'imparfait et du passé simple, dont
l'emploi aurait donné au texte le caractère d'un
récit, alors qu'il se présente comme la transcription
du monologue intérieur, nécessairement en cours.
le
Futur
- ne
retiendra, je partirai traduisent un sentiment de certitude
concernant l'avenir : cette insistance, loin de convaincre,
laisse penser que le poète s'efforce de se convaincre
lui-même que sa décision de partir est irrévocable.
Ce non-dit prépare l'inversion des valeurs qui conduira,
dans le second mouvement du texte, à mettre en question
ces affirmations.
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'4
- Quel est le rôle joué par le choix de la conjonction
"mais" au début du dernier vers ?
Mais
a
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Vers
ETAPE 3 commentaire : cliquez 
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Etape
3 : COMMENTER L'ULISATION
DES RESSOURCES SYNTAXIQUES OFFERTES PAR LA LANGUE
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1
- Préparer un commentaire oral où vous présenterez
l'effet produit par une modification de l'ordre usuel entre substantif
et adjectif.
L'ordre
usuel est inversé pour attirer l'attention sur le caractère
surprenant des relations entre un élément et les
qualités qui lui sont attibuées;
- le
vide papier
- une
exotique nature
- fertiles
ilôts
Le
corrigé de la préraration au commentaire qui vous
a été demandée a été développée
et intégrée dans le commentaire rédigé
pour la question 5, ci-dessous, à propos des adjectifs
anté-posés).
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2
- Préparez un commentaire oral où vous présenterez
l'emploi des ressources offertes par la langue pour suggérer
que la succession des événements est
un incessant retour.
Voir
les remarques sur l'utilisation des temps, passé composé,
présent, jusqu'au futur de la décision, puis à
l'emploi de "encore" pour indiquer que cette décision
est remise en question, puis de nouveau le présent pour
décrire des événements fictifs dont la probabilité
est considérée comme un risque permanent (présent
des verités permanentes) dont la valeur argumentative est
orientée vers le refus de partir, auquel s'oppose le "mais"
orienté vers la décision de partir qui rejoint le
présent du désir de fuir ici, ce qui nous ramène
au début du texte.
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3
- Préparez un commentaire oral où vous montrerez
quel effet produit l'emploi de l'infinitif : fuir.
Le
désir de "fuir" ici est si intense que seule
la briéveté de l'infinitif semble capable de l'exprimer.
A l'infinitif, forme non conjuguée, l'action seule est
formulée : aucune référence dans cette forme
verbale à une personne qui a accompli, accomplit ou accomplira
l'action...
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4 -
Préparez un commentaire oral où vous présenterez
l'effet produit par le choix du singulier : un
vent au lieu du pluriel usuel : les vents.
"un"
est un article désignant un élément à
la fois individuel (à la différence de "du
vent" - qui désigne une réalité non-comptable,
une substance indifférenciée dont on n'envisage
qu'une partie (cf la différence entre une eau minérale
et de l'eau) un vent est un élément distinct,
qui pourrait avoir un nom, ce qui serait exclu si Mallarmé
avait dit du vent ou les vents...
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5
- Rédigez avec soin quelques lignes pour commenter l'effet
produit, dans l'ensemble du poème, par les modifications
de l'ordre habituel des mots.
L'emploi
d'un registre de langue soutenu est attendu dans un texte écrit
- surtout dans un poème. L'ordre des mots devrait donc
y être conforme aux règles syntaxiques de la grammaire
traditionnelle, qui les affirme calquées sur la logique.
Sur la froide logique... Or, de façon paradoxale, cet ordre
rationnel est ici modifié pour retrouver l'ordre affectif
caractérisant le code oral, et en particulier celui qui
est utilisé dans le registre familier pour mettre en évidence,
jusqu'à la répétition et au pléonasme
le terme qui suscite une réaction affective violente (cf.
Je n'ai pas d'argent // De l'argent, est-ce j'en ai, moi ? ) Cf.
Fuir, fuir. ni... ni... et ni...
L'ordre
affectif est celui du groupe substantif/adjectif où les
adjectifs sont anté-posés,( placés devant
le nom qu'ils qualifient alors qu'ils le suivent généralement)
afin d'attirer l'attention sur l'étrangeté des affirmations
les concernant :
- Le
papier est "vide", comme si une feuille de papier
était un creux resté "vide" alors que
l'on pourrait s'attendre à ce qu'il soit rempli... expression
de l'angoisse devant la page blanche paralysant le poète...
- La
nature est "exotique", perdant ainsi son caractère
universel pour indiquer que le poète ne considère
que la nature qu'il désire, et qu'elle n'est pas celle
qui appartient à cet ici détesté, Dans
l'immense Nature, le terme "exotique" découpe
un espace particulier où elle se limite à une
fraction d'elle-même, celle qui est située "dehors",
comme le suggère la présence du préfixe
grec "exo" : celle qui est "exotique",à
l'extérieur de l'espace d'ici : ici, c'est une nature
réduite à n'être qu'un paysage artificiel,
une nature exténuée, affaiblie, à l'image
des "vieux jardins" qu'on se borne à regarder
sans y puiser une force vive...
- Les
"fertiles" ilôts sont toujours "fertiles"
dans les récits des robinsons : alliance de termes si
usée que la mise en évidence de "fertiles"
rend sensible non seulement son automatisme affligeant, mais
aussi son caractère dérisoire, absurde : si la
fertilité ds ilôts que les aventuriers souhaitent
atteindre est ainsi affirmée avec une persévérance
absurde par tant de robinsons, pourquoi aller si loin pour cultiver
la terre ?
L'ordre
affectif est aussi celui de la longue phrase où "ni"
sert à énumérer tous les obstacles au départ
dont l'énonciateur s'affirme à l'avance victorieux.
- ce
refus brutal d'envisager qu'un obstacle puisse remettre en question
une décision qu'il veut considérer comme inébranlable
est manifeste dans ce "rien" abrupt qui ouvre la phrase.
L'énumeration
des obstacles - dont le "rien" affirme à l'avance
qu'ils sont inexistants - suggère que la victoire absolue
a été annoncée de façon prématurée.
En effet, ces obstacles sont énumérés dans
un ordre de difficulté croissante, d'abord ceux dont
la séparation sera la moins douloureuse, jusqu'à
ceux dont son coeur, même trempé dans la mer, ne
s'arrachera qu'à grand peine : et ni la jeune femme allaitant
son enfant... le " et ni " pléonasmique, (puisque
ni équivaut à "et non plus" ) est l'aveu
d'une défaite qu'il ne veut pas avouer.
Le
poème tout entier est calqué sur la succession vécue
des événements de la vie intérieure qu'il
enregistre dans l'ordre même où ils sont vécus
:
-
En effet, le poème commençe par l'expression très
simple de la lassitude et du découragement (vers 1).
De cette lassitude naît le désir de lAilleurs,
si intense que la personne qui éprouve le sentiment s'efface
pour laisser toute la place à l'expression du désir
: le verbe n'est pas conjugué à un mode personnel
: l'infinitif " Fuir ! Là-bas fuir " manifeste
l'intensité du désir de partir, désir si
intense que " rien " ne peut y mettre obstacle. Le
" rien " est en quelque sorte pensé à
vide, les souvenirs qui suivent sont évoqués dans
l'ordre où ils surviennent : d'abord le souvenir des
vieux jardins, suscité par contraste avec " l'écume
inconnue et les cieux ", image qui subsiste encore dans
le vers suivant : "ce coeur qui dans la mer se trempe ".
Le contraste entre l'immnensité de là-bas (la
mer et les cieux) et la petitesse de l'ici (les
vieux jardins), entre la vie (ces oiseaux qui sont
ivres d'être) et ici où la vie n'est que
reflet, est tel que la décision de quitter cet
univers borné est facile : Rien.. ni les vieux jardins
... ne retiendra un coeur puisant son énergie dans
la mer.
- Alors
apparaissent les souvenirs de liens de plus en plus difficiles
à rompre, les liens qui, en dépit de l'affirmation
téméraire: " Rien... ne retiendra"
retiennent malgré tout le coeur du poète : son
travail d'écrivain... et surtout (cf. le " et ni
", et même pas non plus) la jeune femme allaitant
son enfant... En effet, le 19 novembre 1864, était
née Françoise Geneviève Mallarmé,
fille du poète. C'est seulement lorsque que le poète
peut affirmer que tous ces liens sont brisés que la décision
peut s'affirmer : " Je partirai ! ". L'emploi
du futur donne un caractère de certitude au départ.
L'apostrophe qui suit : "Steamer.. lève l'ancre
pour.. " apparaît comme allant de soi. L'impossibilité
inavouée de briser ces liens colore d'une couleur sinistre
ce départ jusqu'alors attirant : adieu peut-être
éfinitif aux être chers, orages et naufrages auxquels
ne succèdent pas les ilôts fertiles des livres
d'enfance... Paradis dont revient, avec le chant des matelots,
et malgré ces images d'angoisse, le nostalgique désir...
Ainsi,
dans ce texte si bien écrit, revient paradoxalement l'ordre
affectif qui caractérise la langue orale, d'autant plus
proche de l'enregistrement immédiat des sentiments que
l'émotion est plus intense.
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OBJECTIF 5 l'Enonciation : cliquez
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METHODE
(Cours & Exercices préparatoires
)
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Etablissement des
RESEAUX LEXICAUX |
| Etude des IMAGES |
| Etude du NIVEAU PHONIQUE
ET PROSODIQUE |
| Etude de la SYNTAXE |
| Etude de l'ENONCIATION |
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liste des textes étudiés |
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