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INTERPRETATION |
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Auto-correction
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| LECTURES PLURIELLES | |
| QUESTION | Trouvez différents points de vue - différentes lectures - qui permettent de faire du texte de Rimbaud plusieurs interprétations superposables et cohérentes.
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| Plusieurs lectures sont possibles :
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| 1 - Le texte comme récit | |
| Il
nous est raconté un événement : la triste découverte
d'un cadavre près d'un cours d'eau. Pendant la guerre de 1870,
Rimbaud a fait de longues marches autour de Charleville : il a probablement
réellement vécu la découverte de ce cadavre de
soldat. Tout récit a une relation au temps et indique les étapes
d'une transformation qui fait passer d'un stade initial à un
stade final. Le récit est celui de trois
passages simultanés
a) de l'éloignement à la proximité Le récit est conduit selon cette triple progression : l'une physique, qui relate le rapprochement progressif du narrateur allant vers le soldat, l'autre intellectuelle qui conduit le narrateur de l'erreur à la vérité : ce qu'il avait cru être un soldat endormi est en fait un cadavre... La troisième affective : le narrateur passe de la joie à la tristesse... Nous prenons conscience de cette série de transformations parallèles par la façon dont le narrateur perçoit le paysage : il se rapproche physiquement du soldat en se dirigeant vers le "trou vert" où coule la rivière. Avec le regard de l'énonciateur, notre regard va d'abord au loin : le val, le soleil, la montagne, la rivière, puis, plus près : le soldat, les deux "trous rouges"... Dès le deuxième quatrain, le narrateur, intrigué par la silhouette immobile, cesse d'être sensible au paysage : il ne le regarde plus : il ne voit que le corps immobile, s'approche, cherche à se persuader qu'il dort, et découvre la tragique vérité : les marques laissées par les balles qui l'ont tué - les deux trous rouges au côté droit. Au début du récit, le paysage apparaît habité par l'allégresse : cette joie de vivre anime tous les éléments du paysage : la rivière "chante", elle accroche "follement" aux herbes des haillons d'argent... Le val, inondé de lumière, "mousse de rayons". Mais le regard du narrateur se détourne de ce bonheur de vivre, de cette vitalité exubérante : on devine l'étonnement, puis l'inquiétude devant un soldat endormi dans une position étrange, enfin il ne voit plus que les deux trous rouges au côté droit : un spectacle dont l'horreur ne peut être dite (le mot "mort" n'est pas prononcé) : ce soldat qui paraissait dormir n'est qu'un cadavre. |
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| 2 - Le texte : comme argumentation contre la guerre | |
| En
opposition avec le foisonnement de la vie, avec le mouvement qui anime
le paysage, l'immobilité de la mort : un être, jeune encore,
a été tué.
Et du contraste entre la nature, puissante et bonne, qui donne la vie, et l'homme qui tue, naît l'indignation devant l'horreur et l'absurdité de la guerre. |
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| 3 - Le texte comme expression personnelle d'une vision du monde panthéiste | |
| Un tableau nous parle silencieusement. Comme un peintre, Rimbaud laisse parler le tableau sans formuler explicitement ce qu'il veut dire : nous comprenons par la description du paysage, sans que le mot "panthéisme" soit dit que le sentiment du sacré est présent : ce poème est un hymne à la nature. Chaque terme est choisi pour rendre sensible l'union du ciel et de la terre, du soleil et de l'eau, du chaud et de l'humide d'où résultent la verdure et la vie. C'est à la compassion impuissante de cette nature maternelle qu'il s'adresse... "Nature, berce-le". Pour lui; la Nature souffre de la violence stupide des hommes : il écrit dans un autre texte : le Mal
Lisez dans Mémorables : le Panthéisme, deux poèmes où s'exprime magnifiquement cet amour pour la force de Vie qu'il ressent dans l'immensité du monde qui nous entoure.
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