Objectif 5 : MARQUES DE L'ENONCIATION
Auto-correction
| Etape 1 : LES MARQUES DE L'ENONCIATION | |
| C'est un
trou de verdure où chante
une rivière, Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Les pieds dans les glaïeuls, il
dort.
Souriant comme Les parfums ne font pas frissonner sa
narine.
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Relevez les signes qui indiquent la présence de l'énonciateur dans ce texte
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| Etape 2 : ANALYSE DES MARQUES DE L'ENONCIATION | |
| A - Les marques indiquant la situation de l'énonciateur | |
| QUESTION | Quelles sont les marques de l'énonciation permettant de deviner où et quand parle l'énonciateur ? |
| Les déictiques : | Il
n'y a qu'un seul déictique dans ce poème, le "tu"
inclus dans l'impératif "berce-le". Le seul déictique utilisé dans ce texte : le "tu" de l'impératif "berce-le" s'adresse explicitement à la Nature : c'est, sous forme d'une prière, l'espoir qu'au sein d'une Nature maternelle et compatissante, la vie continue sous une autre forme... C'est un emploi inusuel du déictique "tu" qui désigne habituellement, dans un dialogue, le destinataire du message. Ici, le message est adressé à tous, et le "tu" fait partie de la réalité fictive créée par le texte. |
| L'emploi des temps et des modes |
Tous les verbes, nous
l'avons vu, sont au présent de l'indicatif ou de l'impératif
: cependant, le récit se déroule dans le temps. On a l'impression
que l'énonciateur "parle" ce qu'il voit, ce qu'il entend,
ce qu'il ressent. C'est un procédé qui s'apparente au "monologue
intérieur" où l'écrivain transcrit au présent
ce dont un personnage a conscience. Ce procédé, quand il
est employé dans un texte au présent, incite à confondre
l'énonciateur et l'écrivain et donne à sa parole
une grande authenticité |
| B - Les marques concernant le jugement de l'énonciateur sur ce dont il parle | |
| QUESTION | Comment l'énonciateur traduit-il ce qu'il ressent personnellement sur le sujet dont il parle ? |
| 0ppositions sémantiques | La
présence de l'énonciateur est particulièrement
sensible à ce niveau : la création de deux côtés
opposés, l'un qui concerne l'oeuvre de la nature et l'autre l'oeuvre
humaine, l'une, oeuvre de Vie, l'autre de mort, traduit avec force la
présence de l'énonciateur dans ce texte qui condamne la
guerre en exaltant la Vie. L'étude des images montre que toutes
celles qui concernent la nature ont pour effet de lui associer l'idée
de vie : une vie dont elle est la source, comme le suggère non
seulement l'étymologie du nom (nature, naître) mais aussi
l'alliance constante des termes associés à la nature :
l'idée de chaleur, de lumière, d'humidité, comme
si fusionnaient le ciel et la terre. Cette Vie est allégresse
("chante une rivière"), elle se manifeste dans la verdure
des plantes, le foisonnement de la lumière, le mouvement qui
anime tout ce qui vit... Ce sont les hommes qui tuent : au "trou
de verdure" s'opposent les "deux trous rouges au côté
droit". La condamnation de la guerre n'a pas à être
dite : elle s'impose comme une évidence devant ce que nous découvrons
en même temps que le "je" qui raconte ce qu'il voit
: un mort, exclu à jamais du monde des vivants, insensible pour
toujours à la fête de la vie. Alors que la nature donne
la vie, l'homme, par la guerre donne la mort |
| Présuppositions | Tranquille pré-suppose un état euphorique : c'est une absence d'agitation liée au sentiment de sécurité : l'emploi de ce terme surprend et fait prendre conscience du caractère tragique de cette apparente tranquillité. Plus rien ne saurait désormais l'atteindre... |
| Reprises | L'accord sans réserve de l'énonciateur avec ce qu'il dit est révélé lors des reprises de mots ou de structures identiques : Un groupe de mots destructureanalogue (il dort dans) est repris 3fois :
Le soleil est substitué au "frais cresson bleu" puis aux "glaïeuls" de la berge.Cette substitution permet de prolonger, en l'intensifiant, l'effet produit par la prise de "il dort", puisque rien ne sort le soldat de son apparent sommeil, ni la fraîcheur de l'eau , ni les feuilles coupantes des glaïeuls, ni la brûlure du soleil dans lequel il dort Le mot "trou" est repris deux fois
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| C - Les marques concernant le jugement de l'énonciateur sur son message | |
| QUESTION | Quelles sont les marques de l'énonciation permettant de déterminer la distance prise par l'énonciateur relativement à son message ? |
| . |
La recherche de termes
qui indiquent la distance prise par l'énonciateur vis à
vis de son message est infructueuse : Rimbaud n'établit aucune
distance entre ce qu'il dit et lui-même : la compassion pour le
jeune soldat, la colère contre l'absurdité de la guerre
se devinent bien qu'elles ne soient pas explicitement formulées.
Le ton avec lequel est racontée la découverte de
ce qu'est en réalité ce "dormeur" est sobre et
pathétique, et communique (rend commune, fait partager) l'émotion
de l'énonciateur
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