| Etape 1 - RECONNAITRE LES ECARTS | |
C'est un trou de verdure où chante
une rivière, Un soldat jeune,
bouche ouverte, tête nue, Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Les parfums ne font pas frissonner sa narine. |
Faites un tirage-papier du poème ou transférez-le dans un traitement de texte; soulignez les mots ou les expressions dont l'ordre ou la construction s'écartent de la façon usuelle de s'exprimer. |
| Etape 2 : ANALYSER ET CLASSER LES ECARTS | |
| QUESTION | Etudiez
les écarts que vous avez répertoriés. Traduisez en
langue usuelle, comparez et dites quel effet de sens produisent ces modifications
syntaxiques. |
Ce
qui frappe, c'est le nombre réduit des écarts syntaxiques
: le poème est écrit dans une langue simple. Les images
- procédé rhétorique essentiel - et les jeux de sonorités
et de rythme - indiquent presque à eux seuls que ce récit
est un poème. |
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| Place de l'adjectif | Au
niveau syntaxique, les écarts les plus fréquents sont ceux
qui concernent l'ordre des mots : l'antéposition de l'adjectif
: "de la montagne fière", un "soldat
jeune". La montagne fière (cf. la fière montagne)
suggère non seulement la position dominante de la "montagne"
et indique la position du narrateur par rapport à elle; mais aussi,
en jouant sur le sens étymologique de fière (féroce,
sauvage) le contraste entre l'extérieur du val et le lieu paradisiaque
qu'est le petit val. |
Les
prépositions qui unissent verbes et compléments |
La
construction inhabituelle de "mousse de rayons" permet
le fonctionnement de l'image en suggérant que "rayons"
est un complément de moyens : ce sont les rayons du soleil qui
emplissent le petit val d'un air surchauffé qui tremble... |
| Les niveaux de langue | L'insertion d'une expression - "il fait un somme" - qui appartient au registre familier, dans un texte dont la langue relève d'un niveau de langue soutenu, provoque un effet de surprise : jamais plus cet être, frappé en pleine jeunesse ne vivra les moments simples de la vie de tous les jours, ceux où l'on "fait un somme"... L'emploi de l'adjectif possessif "sa" : sa poitrine (on attendrait "la main sur la poitrine"...) a un rôle d'insistance : le registre est plus soutenu, conforme à la gravité du récit. |
| 3 - COMMENTER LES EFFETS DE SENS | |
| QUESTION | |
| Examinez la syntaxe : quelle est la proportion de propositions indépendantes, de propositions organisées en principales et subordonnées ? | Il y a peu de chose à dire sur la syntaxe, sinon qu'elle est simple : on ne distingue aucun "écart" notable relativement à la prose. Cette simplicité permet au lecteur de s'identifier au narrateur : en découvrant en même temps que lui le cadavre d'un jeune adolescent, et dans une langue qui paraît être celle de la vie quotidienne, celle qu'il aurait employée s'il avait fait lui-même ce trajet, le lecteur a l'impression que c'est lui qui parle et il éprouve une émotion semblable à celle qu'éprouve le narrateur. Il y a peu de propositions subordonnées : dans ce récit, il n'y a aucune proposition circonstancielle de temps, aucun adverbe indiquant l'ordre dans lequel les événements se sont succédés. Au contraire, les relatives sont relativement fréquentes : "où chante une rivière" Ces
relatives sont, avec la proposition introduite par "comme" :
"comme sourirait un enfant malade", les seules propositions
subordonnées du texte : ce poème décrit une scène.
Les constructions syntaxiques inciteraient donc à considérer
ce texte comme un texte descriptif plutôt que narratif. L'importance
accordée à ce qui est vu se traduit par la formule de présentation
"c'est" employée deux fois...
Cependant les événements qui ont conduit de l'état initial à l'état final sont relatés dans l'ordre chronologique - l'aspect narratif est intimement lié à la description : l'auteur décrit ce qu'il voit : d'abord le "trou de verdure", le val, d'où se dégage une impression de verdure et de lumière, une rivière, puis il discerne un soldat étendu, immobile... Immobilité dont, s'approchant peu à peu, il découvre la cause : "deux trous rouges au côté droit". |
| La conjugaison aide-t-elle à déterminer si ce poème est un texte descriptif, narratif ou argumentatif ? | Le temps auquel sont conjugués les verbes est le présent, quel que soit le mode (indicatif, impératif, conditionnel) : Ce qui permet au poète de dire ce qu'il voit, au moment où il le voit, comme s'il le découvrait peu à peu, en se rapprochant. Nous comprenons que ce texte constitue un plaidoyer contre la guerre. Faut-il classer pour cela ce texte dans la catégorie des textes argumentatifs ? Il n'y a aucune construction syntaxique utilisant des liens logiques. Ces liens, s'ils existent, sont implicites. Peut-être, en prose, aurait-on remplacé la juxtaposition par deux propositions introduites par "parce que" ?
Il suffit de rétablir les "parce que" pour prendre conscience de tout que gagne le texte à leur suppression. |