ECRIVAINS et ARTISTES

 

 

 
MAROT
1497-1544
LLES OEUVRES

1532 L'Adolescence clémentine Paris
1539 Les Oeuvres de Clément Marot - Lyon 1539
1541 Trente Psaumes de David - Paris
1543 Cinquante Psaumes - Paris
1544 Les Oeuvres de Clément Marot - Lyon

LA VIE
 

Clément Marot naquit à Cahors en 1497. Fils du rhétoriqueur Jean Marot, il reçut l'éducation habituelle des fils de bonne bourgeoisie : il alla au Collège dont il garde un mauvais souvenir, persuadé que l'incompétence de ses régents explique qu'il sorte du collège avec une connaissance très insuffisante du latin et nulle du grec...
Il quitta la province en 1506 pour devenir page au service du secrétaire des Finances. Quand François 1er monte sur le trône, il lui adresse plusieurs épîtres, qui plaisent, et qui lui font obtenir une charge (honorifique) de valet de chambre chez la soeur du roi, alors Duchesse d'Alençon, future reine de Navarre. Il rencontra chez elle des Evangélistes, et fut attiré par l'idéal d'une religion plus pure, plus proche du christianisme des origines...

C'est alors que débute une série de démêlés avec la justice que le jeune imprudent brave avec une témérité inconsciente. Accusé par une lettre anonyme d'avoir mangé du lard en Carême, il est arrêté, mis dans une geôle du sinistre Châtelet, et en l'absence du Roi son protecteur prisonnier des Espagnols après la défaite de Pavie, écrit à un ami - Lyon Jamet - pour le tirer de là. Le souvenir de cris des torturés le hantera longtemps : l'Enfer - qu'il n'osera pas faire imprimer mais qui circulera manuscrit, trace un tableau indigné de ce sinistre endroit.
Libéré au retour du Roi (1526), il reçoit la charge de valet de chambre du roi qu'avait occupée son père, et dispose de suffisamment de loisirs pour célébrer joliment les événements de la Cour, ou pour écrire de spirituelles et alertes épîtres réclamant au Roi ou à de riches protecteurs une aide financière...
Il rassemble ses oeuvres (sauf l'Enfer) dans un recueil publié en 1530 : L 'Adolescence clémentine.
Après l'affaire des Placards (1534), il fut inscrit sur la liste des suspects : l'Enfer ne pouvant lui faire espérer l'indulgence des gens de justice, il préféra s'enfuir et bien lui en prit puisqu'il fut condamné à mort pour hérésie - par contumace... Il se réfugia en Navarre, à Nérac, puis à Ferrare, où il rencontra des réfugiés calvinistes, ressentit une attirance pour une vie religieuse plus profonde et commença sa traduction des Psaumes. Mais il regrettait la Cour et accepta pour y revenir d'abjurer toute appartenance à la Réforme (1536). Il offrit à François 1er, en remerciement de sa grâce, la traduction de " Trente Psaumes de David " : les strophes pouvaient être chantées sur des airs populaires : François 1er les chanta, la Cour avec lui, Charles Quint demanda au poète de traduire de la même façon un Psaume qu'il aimait... Mais la terrible Sorbonne, irritée de l'Enfer imprudemment publié par Dolet sans l'autorisation de Marot, condamna les Psaumes lors d'une nouvelle édition en 1542. Marot dut s'enfuir à Genève où il lui fallut accepter la censure de Calvin pour continuer la traduction des Psaumes. La rigueur calviniste lui fut insupportable : il s'enfuit à Turin où il mourut le 10 septembre 1544.

La même année était parue une édition de ses oeuvres où 50 Psaumes avaient été mis en musique par Goudimel.

Quelques jugements sur Marot  

 

" Marot doncq est facile, humble, imitant quasy la coutume de parler, et qui semble facile à tous d'estre suivi : pource que cette subtilité de parole semble sans estre imitable à celui qui la considère, mais rien moins à celui qui l'essaye. "


Giuillaume des Autels

XVIe siècle

 

Imitons de Marot l'aimable badinage
(...)
Marot bientôt après fit fleurir les ballades
Tourna des triolets, rima des mascarades
A des refrains réglés asservit les rondeaux
Et montra pour rimer des chemins tout nouveaux

Boileau

XVIIe siècle

Quand Marot nous parle de lui    
 

Marot parle souvent en son nom propre, quand il écrit au Roi pour le sortir d'un mauvais pas où cet étourdi risque la prison ou l'exécution... Mais ces épîtres ne nous apprennent de lui que son insouciance, son esprit et son courage.

Les Psaumes nous disent que la joyeuse frivolité de sa jeunesse n'était sans doute qu'une stratégie pour plaire, et qu'un esprit profondément religieux attendait d'avoir l'occasion de s'exprimer.
Cet extrait de l'Enfer où Marot parle de son séjour dans le terrible Châtelet nous permet d'entendre la voix de Marot revivant ce souvenir atroce :

" O chers amys, j'en ay veu martirer
Tant, que pitié m'en mettoit en esmoy;
Parquoy vous pry de plaidre avecques moy
Les innocens qui en tels lieux dampnables

 

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