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Clément
Marot naquit à Cahors en 1497. Fils du rhétoriqueur Jean
Marot, il reçut l'éducation habituelle des fils de bonne
bourgeoisie : il alla au Collège dont il garde un mauvais souvenir,
persuadé que l'incompétence de ses régents explique
qu'il sorte du collège avec une connaissance très insuffisante
du latin et nulle du grec...
Il quitta la province en 1506 pour devenir page au service du secrétaire
des Finances. Quand François 1er monte sur le trône, il
lui adresse plusieurs épîtres, qui plaisent, et qui lui
font obtenir une charge (honorifique) de valet de chambre chez la soeur
du roi, alors Duchesse d'Alençon, future reine de Navarre. Il
rencontra chez elle des Evangélistes, et fut attiré par
l'idéal d'une religion plus pure, plus proche du christianisme
des origines...
C'est
alors que débute une série de démêlés
avec la justice que le jeune imprudent brave avec une témérité
inconsciente. Accusé par une lettre anonyme d'avoir mangé
du lard en Carême, il est arrêté, mis dans une geôle
du sinistre Châtelet, et en l'absence du Roi son protecteur prisonnier
des Espagnols après la défaite de Pavie, écrit
à un ami - Lyon Jamet - pour le tirer de là. Le souvenir
de cris des torturés le hantera longtemps : l'Enfer - qu'il n'osera
pas faire imprimer mais qui circulera manuscrit, trace un tableau indigné
de ce sinistre endroit.
Libéré au retour du Roi (1526), il reçoit la charge
de valet de chambre du roi qu'avait occupée son père,
et dispose de suffisamment de loisirs pour célébrer joliment
les événements de la Cour, ou pour écrire de spirituelles
et alertes épîtres réclamant au Roi ou à
de riches protecteurs une aide financière...
Il rassemble ses oeuvres (sauf l'Enfer) dans un recueil publié
en 1530 : L 'Adolescence clémentine.
Après l'affaire des Placards (1534), il fut inscrit sur la liste
des suspects : l'Enfer ne pouvant lui faire espérer l'indulgence
des gens de justice, il préféra s'enfuir et bien lui en
prit puisqu'il fut condamné à mort pour hérésie
- par contumace... Il se réfugia en Navarre, à Nérac,
puis à Ferrare, où il rencontra des réfugiés
calvinistes, ressentit une attirance pour une vie religieuse plus profonde
et commença sa traduction des Psaumes. Mais il regrettait la
Cour et accepta pour y revenir d'abjurer toute appartenance à
la Réforme (1536). Il offrit à François 1er, en
remerciement de sa grâce, la traduction de " Trente Psaumes
de David " : les strophes pouvaient être chantées
sur des airs populaires : François 1er les chanta, la Cour avec
lui, Charles Quint demanda au poète de traduire de la même
façon un Psaume qu'il aimait... Mais la terrible Sorbonne, irritée
de l'Enfer imprudemment publié par Dolet sans l'autorisation
de Marot, condamna les Psaumes lors d'une nouvelle édition
en 1542. Marot dut s'enfuir à Genève où il lui
fallut accepter la censure de Calvin pour continuer la traduction des
Psaumes. La rigueur calviniste lui fut insupportable : il s'enfuit
à Turin où il mourut le 10 septembre 1544.
La
même année était parue une édition de ses
oeuvres où 50 Psaumes avaient été mis en musique
par Goudimel.
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Marot parle souvent en son nom propre, quand il écrit
au Roi pour le sortir d'un mauvais pas où cet étourdi
risque la prison ou l'exécution... Mais ces épîtres
ne nous apprennent de lui que son insouciance, son esprit et son courage.
Les Psaumes nous disent que la joyeuse frivolité de sa
jeunesse n'était sans doute qu'une stratégie pour plaire,
et qu'un esprit profondément religieux attendait d'avoir l'occasion
de s'exprimer.
Cet extrait de l'Enfer où Marot parle de son séjour
dans le terrible Châtelet nous permet d'entendre la voix de Marot
revivant ce souvenir atroce :
" O chers amys, j'en ay veu martirer
Tant, que pitié m'en mettoit en esmoy;
Parquoy vous pry de plaidre avecques moy
Les innocens qui en tels lieux dampnables
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