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ECRIVAINS et ARTISTES
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| 1552-1630 | Agrippa
d'AUBIGNE |
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| LLES OEUVRES |
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| LA VIE |
Théodore
Agrippa d'Aubigné naquit en Saintonge en 1552.
Sa mère, Catherine de l'Estang, à laquelle il vouera un
culte, meurt en lui donnant le jour, d'où son prénom d'Agrippa
(aegre partus). Son père, Jean d'Aubigné, juge à
Pons en Saintonge, est un homme remarquablement cultivé, un helléniste
qui fera donner à son fils une instruction approfondie : précoce,
l'enfant à 6 ans lisait le latin, le grec, l'hébreu et
le français; mais qui lui fera connaître aussi la dure
réalité des guerres de religion : passant devant le Château
d'Amboise, ils virent les potences où les têtes des conjurés
huguenots exécutés étaient encore accrochées,
Jean d'Aubigné le menaça de sa malédiction s'il
ne consacrait pas ses forces à venger ces martyrs. (1560). Il suivit à Paris l'enseignement de Mathieu Béroalde, mais dut fuir avec son maître quand, en 1562, les Réformés sont expulsés de Paris. Il retrouve son père à Orléans au terme d'un voyage mouvementé. Il a 11 ans quand, à la mort de son père, sa belle-mère, Anne de Limur, l'expulse de la maison paternelle. En 1564, il étudie au collège de Genève, d'où il s'enfuit deux ans plus tard, malgré l'amitié que lui témoigne Théodore de Bèze. Revenu en Saintonge, chez son tuteur, il s'échappe pour aller s'engager dans les troupes protestantes. Il a 16 ans et se bat pendant 2 ans avec témérité. En août 1570, la paix de Saint-Germain le démobilise. Sa famille maternelle l'avait dépouillé de ses biens : il dut plaider pour retrouver son petit domaine, voisin du Château des Salviati, où il devient éperdument amoureux de Diane Salviati. En 1572, il se rend à Paris pour assister au mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Navarre; les fêtes furent suivies du massacre de la Saint Barthélémy. Il s'était absenté de Paris, mais les tueurs le surprennent en province; il est gravement blessé, et parvient à se réfugier au Château de Talcy, où la jeune fille qu'il aime, Diane Salviati, le soigne. D'Aubigné écrit pour elle d'admirables poèmes qu'il n'acceptera jamais de publier et que nous ne connaissons que par une édition du XIXe siècle : le Printemps. Il y eut d'abord une période d'amour partagé et de bonheur ardent, qu'assombrirent les caprices de la jeune fille. Les espoirs de mariage furent brutalement rompus par l'intervention de l'oncle de Diane, grand aumônier de la reine mère " sur les différends de la religion " : elle est catholique et lui refuse d'abjurer. Diane est mariée à un autre en 1573. Le désespoir de ce jeune homme excessif en tout est durable : il pleurera encore Diane la nuit de son mariage... Diane, malheureuse elle aussi, mourra en 1575. En 1573, il devient écuyer de Henri de Navarre qui lui confie de nombreuses missions au cours de la sixième et de la septième guerres de religion. Ce fidèle service n'a pas été sans orages. En 1577-1579 notamment, brouillé avec son maître, il s'enferme dans son domaine des Landes-Guinemer et compose une grande partie des Tragiques. Mais après chaque brouille, il revient auprès de Henri dont il voudrait être la vivante conscience : il participe en 1590 au siège de Paris, mais quitte son roi après l'abjuration; il revient à lui en 1595, après la mort de sa femme, puis se consacre à l'éducation de ses cinq enfants, tout en continuant à veiller auprès d'Henri IV jusqu'à l'assassinat de ce dernier, en 1610. En 1620, il s'exile à Genève. Son énergie ne faiblit pas : il trace le plan de remparts, écrit d'une pleine de verve satirique qui scandalise : le Baron de Foeneste, et rédige des ouvrages où il expose une pensée politique neuve, née d'une vie d'action et de réflexion personnelle sur les événements vécus, en étant très proche du pouvoir, sans cependant lui faire jamais de concessions. Il s'éteint dans la mélancolie en 1630, toutes illusions perdues, désolé de voir son propre fils abjurer le protestantisme, c'est-à-dire, à ses yeux, " trahir ". |
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| Quelques jugements sur Agrippa d'Aubigne | ||
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Agrippa d'Aubigné est résumé en une constante attitude.
Il n'a jamais rien renié des convictions et du style de vie qui
étaient les siens dès ses premières années.
Ce combattant n'a mené qu'un seul combat. Encore faut-il en préciser
l'esprit. Il est fils de la Renaissance, et parent de ces hommes qui,
évangéliques, protestants ou catholiques, se sont efforcés
de rassembler en un tout harmonieux et cohérent l'éblouissement
de la redécouverte des Oeuvres antiques, le charme exquis des
Italiens, la " modernité " paradoxale de la Pléiade
et les exigences d'une foi actuellement vécue. Il est le contemporain
de ces violents qui, au milieu de guerres impitoyables, ont gardé
le goût du bien dire, l'appétit des livres et l'élégance
des manières. " Jacques Morel Littérature française La Renaissance III Ed. Arthaud p. 170 |
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| Quand Agrippa d'Aubigne nous parle de lui : | ||
Voici un extrait
de livre du Jugement dernier
où après avoir décrit la Résurrection, le
jugement, les supplices des réprouvés, il parle des joies
des élus : le texte s'achève par un retour vers lui qui
paraît être le récit d'une expérience spirituelle
personnelle :
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