LA RENAISSANCE : une nouvelle attitude devant l'Antiquité
Un intérêt nouveau pour les textes anciens

Le travail intellectuel

aint Jérôme en Prière par Patinir (début du XVIe siècle). Saint Jérôme vécut au IVe siècle après J.-C. Il traduisit la Bible de l’hébreu en latin, (la Vulgate). Il se retira quelques années au désert de Chalcis en Arabie où il vécut en ermite. Après un séjour auprès du pape à Rome, il fonda un monastère à Bethléem où il vécut les trente dernières années de sa vie. C’est l’ascétisme du saint (le lion au moyen âge symbolise la vie «érimitique» à cause du désert) que Jérôme Patinir glorifie dans ce tableau : le saint a retiré le chapeau et la somptueuse cape pourpre symbolisant son titre de cardinal. Le livre qu'il traduit est fermé. C'est dans la solitude, l'humilité et la prière qu'il puise la volonté de mettre au service de la Parole de Dieu son intelligence et ses connaissances. Toute l'organisation du tableau, au centre duquel est placé l'oratoire du saint, illustre l'idée que toute activité intellectuelle n'a de valeur que mise au service de Dieu et de l'Eglise et qu'elle exige une vie de sainteté.

a gravure sur bois, elle aussi du début du XVIe siècle montre que cette conception religieuse de l'activité intellectuelle est encore présente dans l'art populaire. Les deux lieux où s'est déroulée la vie du saint sont représentés : le moment présent, où le saint rédige sa traduction de la Bible, est dessiné au premier plan. Sur la table de travail, un crâne évoque la vanité des choses humaines et un crucifix rappelle la valeur salvatrice de la souffrance et du renoncement; le passé est visible en arrière-plan, à travers la fenêtre, c'est le lieu aride où le saint vécut de façon ascétique avant de se consacrer à la traduction des textes saints.

 

 

aint Jérôme dans son oratoire, tableau de Carpaccio, peintre vénitien du début du XVIe représente un saint dont les écrits font autorité. La représentation du travail intellectuel montre le changement des mentalités : le saint n'est plus en prière, mais il travaille, comme les érudits de la Renaissance, dans un cadre bien différent : "l’oratoire" est une spacieuse bibliothèque, le lion symbolique est devenu un petit chien, et une sphère armillaire fait allusion aux récentes découvertes géographiques. Un nouveau souci de réalisme s’oppose à l’art symbolique du moyen âge : la préoccupation d’exactitude est telle que l’on a pu déchiffrer la partition musicale du livre ouvert à l’angle droit du tableau.

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