LA RENAISSANCE : une nouvelle attitude devant l'Antiquité
L'Imprimerie et le rôle des imprimeurs humanistes
L'établissement du texte et sa traduction

 

 

A gauche, texte grec corrigé; à droite, traduction latine d'Erasme : c'est ce texte latin que Lefebvre d'Etaples traduira en français en 1523.

u XVIe siècle, les humanistes entreprennent un immense travail pour établir correctement les textes, souvent modifiés, volontairement ou non, par les copistes...

Erasme s'efforça d'établir de façon correcte les textes sacrés. Il explique avoir utilisé, parmi d'autres documents, plusieurs manuscrits grecs, les avoir confrontés avec les manuscrits latins et avoir étudié les commentaires qui en avaient été faits. Violemment attaqué pour mettre en doute l'autorité des textes sacrés, il montre que "depuis plus de mille ans, ni les exemplaires latins, ni les grecs n'ont été en concordance totale." Il explique qu'il était impossible de l'éviter, en raison du nombre des bibliothécaires "ignares, négligents, téméraires." Il constate que des passages ont été supprimés ou ajoutés au gré des factions prenant parti dans les controverses religieuses, pratique que saint Jérôme dénonce fréquemment.

Il rappelle que :

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"Origène déjà déplorait l'inextricable diversité des livres évangéliques. Pour les lectures publiques, la Grèce a telle version, l'Eglise d'Occident telle autre. Vers l'époque de Jérôme, certaines églises suivaient la traduction des Septante, d'autres en adoptaient une nouvelle, transmise à partir des sources hébraïques, et même après cette période les églises gallicanes lisaient telle version, les romaines telle autre. Enfin si l'on examinait les anciens manuscrits transcrits à la main, à peine en trouverait-on deux qui concordent. (...) Quel danger, je le demande, saint Jérôme a-t-il fait courir pour avoir restauré dans un monde déjà vieillissant l'ancien et le nouvel Instrument à partir de la vérité hébraïque et grecque ? (...) Isaïe ne s'est pas trompé et personne ne cherche à changer ce qu'il a écrit. Matthieu n'a pas fait fausse route, personne ne corrige ce qu'il nous a transmis. C'est aux traducteurs, aux copistes, aux corrupteurs que nous avons affaire. Si vraiment l'autorité entière s'effondre pour quelques passages corrompus, l'Esprit saint aurait dû assister aussi bien les transcripteurs que les apôtres et les évangélistes. Il n'est pas de lieu où l'Esprit saint ne soit, mais il dispense sa force de manière à nous laisser une part de travail; cette autorité est restée inviolable chez les prophètes, les apôtres, les évangélistes; de surcroît, les Ecritures tirent leur plus grande gloire d'avoir été tant de fois mutilées, détériorées par les hérétiques, d'avoir été tant de fois abîmées par l'incurie des copistes, sans qu'elles aient pour autant perdu la vigueur de la vérité éternelle. Ebranlée par tous les orages du mal, l'Eglise reste debout. Et celui-là obéit à l'Esprit Saint qui, dans la mesure de ses forces, rend à sa pureté première ce que les hommes ont détérioré."
Erasme Ref ????

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