LA RENAISSANCE : une nouvelle attitude devant l'Antiquité
Une nouvelle conception de l'éducation privilégiant l'étude des textes anciens

Louise Labé

 

ême si les institutions scolaires ne les admettent pas, les femmes elles-aussi sont touchées par cette soif d’apprendre : Louise Labé, s’adressant dans l’avant-propos de l’édition de ses Poèmes, (1555) à l’amie à laquelle elle dédicace ce livre, appelle les femmes à élever un peu leur esprit « par-dessus quenouilles et fuseaux »

« Etant le temps venu, Mademoiselle, que les sévères lois des hommes n'empêchent plus les femmes de s'apliquer aux sciences et disciplines, il me semble que celles qui ont la commodité doivent employer cette honnête liberté que notre sexe a autrefois tant désirée à icelles apprendre et montrer aux hommes le tort qu'ils nous faisaient en nous privant du bien et de l'honneur qui nous en pouvaient venir. Et si quelqu'une parvient en tel degré que de pouvoir mettre ses conceptions par écrit, le faire soigneusement et non dédaigner la gloire, et s'en parer plutôt que de chaînes, anneaux et somptueux habits, lesquels nous ne pouvons vraiment estimer nôtres, que par usage. Mais l'honneur que la science nous procurera sera entièrement nôtre, et ne nous pourra être ôté, ni par finesse de larron, ni force d'ennemis, ni longueur du temps. (...) Ne pouvant de moi-même satisfaire au bon vouloir que je porte à notre sexe de le voir non en beauté seulement, mais en science et vertu passer ou égaler les hommes, je ne puis faire autre chose que de prier les vertueuses dames d'élever un peu leur esprit par-dessus quenouilles et fuseaux et s'employer à faire entendre au monde que si nous ne sommes faites pour commander, si (néanmoins) ne devons nous être dédaignées pour compagnes, tant es(dans les) affaires domestiques que publiques, de ceux qui gouvernent et se font obéir. »

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