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LA
RENAISSANCE : une nouvelle attitude devant l'Antiquité |
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Le Songe de Poliphile |
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extraordinaire ouvrage, Le Songe de Poliphile, dont la première
partie fut vraisemblement écrite pour Laurent de Médicis par l'architecte
Alberti, fut édité par Alde Manuce en 1499. Traduit en français,
il connut un succès prodigieux au XVIe siècle. Dans la gravure
extraite de cet ouvrage, les Nymphes expriment non seulement un sentiment panthéiste
de la Nature, mais aussi l'idée platonicienne de réincarnations
: la Nymphe est le commencement d'un cycle où la Vie s'élève
vers des formes plus parfaites...
Chaque Nymphe semble sortir peu à peu de l'arbre et prendre une apparence
humaine. On pourrait interpréter l'image comme l'illustration de l'idée
que les Nymphes se dégagent peu à peu de la matière. En
latin, bois se dit madera>madrier; (matière est un mot de formation
savante). Pour les Humanistes du XVIe siècle, la matière est vivante,
comme le bois. Cette gravure suggère qu'une même vie circule dans
la Nature, quelle que soit l'apparence. La Nature est la Mère universelle.(Le
mot "nature" vient d'une racine indo-européenne "gen"
qui signifiait engendrer, faire naître à partir de laquelle a été
formé le verbe latin nascor dont une forme le supin natussum a
donné "nature")