O Déesse Bellerie,
Belle Déesse cherie
De nos Nimphes, dont la vois
Sonne ta gloire hautaine
Acordante au son des bois,
Voire au bruit de ta fontaine,
Et de mes vers que tu ois.
Tu es la Nimphe eternelle
De ma terre paternelle,
Pource en ce pré verdelet
Voi ton Poëte qui t'orne
D'un petit chevreau de laict,
A qui l'une & l'autre corne
Sortent du front nouvelet.
Sus ton bord je me repose,
Et là oisif je compose
Caché sous tes saules vers
Je ne sçai quoi, qui ta gloire
Envoira par l'univers,
Commandant à la memoire
Que tu vives par mes vers.
L'ardeur de la Canicule
Toi, ne tes rives ne brule,
Tellement qu'en toutes pars
Ton ombre est epaisse & drue
Aus pasteurs venans des parcs,
Aus beufs las de la charue,
Et au bestial epars.
Tu seras faite sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi celebrant le conduit
Du rocher persé, qui darde
Avec un enroué bruit,
L'eau de ta source jazarde
Qui trepillante se suit.