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Tout au début du Champfleury,
Tory condamne avec vigueur ceux qui non seulement refusent d'utiliser
le français, mais encore le corrom ent le français, considère
qu'ils sont non seulement dignes du gibet, mais encore qu'il serait bon
qu'ils ne fussent jamais nés ! Voici ce qu'il reproche aux "escumeurs
de latin" :
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dit communément (et on dit vrai) qu'il y a grande vertu naturelle
dans les herbes, pierres et paroles. En donner des exemples serait superflu
tant la chose est certaine. Mais je voudrais qu'il plût à
Dieu de me donner la grâce de pouvoir, par mes paroles et requêtes,
persuader certains que, même s'ils ne veulent pas faire honneur
à notre langue française, qu'au moins ils ne la corrompent
pas. J'estime qu'il y a trois sortes d'hommes qui se plaisent à
travailler à la corrompre et à la déformer : ce sont
les écumeurs de latin, les faiseurs de bons mots et les jargonneurs.
Quand les écumeurs de latin disent : "Despumon la verbocination
latiale, & transfreton la Sequane au dilicule & crepuscule, puis
deambulon par les Quadrivies & Platees de Lutece, & comme verisimiles
amorabundes captiuon la beniuolence de lomnigene & omniforme sexe
feminin", il me semble qu'ils ne se moquent pas seulement de nous,
mais d'eux-mêmes.
Dans l'Escholier
limousin, Rabelais reprendra en la développant avec verve cette
joyeuse satire des "escumeurs de latin"...
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