nfin,
après la mort de François 1er, lorsque les Parisiens préparèrent
pour Henri II, son successeur, l'Entrée triomphale qu'il avait
demandée, "avec toutes les magnificences et triomphes qu'il
sera possible" , c'est l'Hercule Gaulois, auquel l'artiste a donné
les traits "du feu Roi François" - le "nouvel
Hercules" - qui sera placé au sommet de l'arc de triomphe
de la porte Saint Denis.
Sculpté selon les dessins de Jean Goujon, tenant les chaînes
de l'éloquence par lesquelles étaient reliées à
lui quatre figures allégoriques : l'Eglise, la Noblesse et les
deux figures qui représentaient le Tiers Etat, les juristes et
le peuple des travailleurs, artisans et laboureurs, c'est notre Hercule
gaulois qui sera l'élément central de l'arc de Triomphe
de la Porte Saint-Denis, au dessous duquel, le 16 juin 1549, passa le
Cortège royal.
Dans la relation de l'Entrée de Henri II imprimée
en 1549 par Jacques Raffet, l'auteur rappelle le sens de l'allégorie
: la libre contrainte qu'exerce sur les hommes l'éloquence. Les
chaînes sont "très lâches, de sorte que chacun
pouvoit constater qu'elles ne servaient pas de contraincte : mais au
contraire, qu'ils estoyent voluntairement tirez par l'éloquence
du nouvel Hercules lequel a faict fleurir en ce royaume les langues
Hébraïque, Grecque, Latine, & autres, beaucoup plus
qu'elles n'ont jamais faict par le passé.
A la clef de cet arc pendait
un tableau à fond noir enrichi de ce quatrain ecrit en letttres
d'or.
Pour
ma douce éloquence & royale bonté
Chacun prenoit plaisir à m'honorer & suyvre :
Chacun voyant aussi mon successeur m'ensuyvre,
L'honore & suyt, contrainct de franche voluntéµ