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ASPECTS
du XVIe siècle |
| LA RENAISSANCE : une nouvelle attitude devant l'Antiquité | |||||||
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UN COMBAT NOUVEAU : DEFENDRE LA LANGUE FRANCAISE |
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Vouloir à la fois l'enseignement du latin et l'usage du français : un projet paradoxal ?
Chaque nation européenne,
au XVIe siècle, prend conscience de la nécessité
de posséder une langue qui lui soit propre : le sentiment national
s'appuie sur le sentiment d'appartenance à une communauté
linguistique. |
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Pour défendre le français, une argumentation passionnée :
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Leur argumentation va dans trois directions : |
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- La préexcellence du français Plusieurs ouvrages
sont consacrés à "la préexcellence de
la langue française", idée demeurée à
l'état de projet pour Robert Estienne, mais développée
dans plusieurs ouvrages. C'est pour améliorer
encore la langue qu'ils aimaient que plusieurs humanistes, comme Peletier
du Mans, élaborèrent des Projets de
réforme de l'orthographe, publièrent des manuels de
grammaire, des dictionnaires, répondant ainsi au souhait de Tory
qui, réaffirmant notre "facondité" ,
c'est-à-dire notre facilité d'élocution, pense
que s'il y avait des règles auxquelles se référer,
notre langue s'améliorerait encore. Il écrivait dans le
Champfleury de 1529 : " Si avec notre facondité,
estoit Reigle certaine, il me semble soubz correction, que le langage
seroit plus riche et plus parfaict". Et pour y parvenir il fait
appel au mécénat pour "mettre et ordonner la langue
Françoise à certaine reigle de prononcer et bien parler.
Pleust a Dieu que quelque noble Seigneur voulust proposer gages et beaux
dons a ceulx qui ce pourroient bien faire. Un des ouvrages les plus importants sur la question de la réforme de l'orthographe est celui de Jacques Pelletier du Mans : Dialogue de l'ortografe e Prononciation françoese. Le titre même de l'ouvrage contient les termes de l'insoluble problème : comment concilier "l'ortografe" et la prononciation , comment transcrire une langue différemment prononcée au nord et au sud du pays ? comment fixer dans des règle orthographiques immuables une prononciation qui varie d'une génération à l'autre ? Jean-Antoine de Baïf opta pour une transcription phonétique de la langue parlée : il eut; au XVIe siècle, du mal à trouver des imprimeurs qui acceptèrent ces changements; et, aujourd'hui, c'est nous qui peinons à lire ces oeuvres transcrites avec la prononciaton de l'époque, enregistrant une prononciation qui n'est plus la nôtre...
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- l'infériorité de la langue latine relativement à la langue grecque Les intellectuels français justifient la préférence accordée à la Grèce, dont la culture est jugée supérieure à celle de Rome, par la similitude affirmée entre la langue grecque et la langue française : les "racines" grecques ont donné de nombreux mots français, et de très nombreuses analogies existent entre les deux langues. Henri Estienne avait écrit et imprimé en 1565 Traité de la conformité du langage françois avec le grec dont l'argumentation est orientée vers l'affirmation de l'excellence de notre langue : "ayant tenu pour confessé que la langue grecque est la plus gentille et de meilleure grace qu'aucune autre, et puis ayant monstré que le langage françois ensuit les jolies, gentilles et gaillardes façons grecques de plus près qu'aucun autre, il me sembla que je pouvois faire seulement ma conclusion : qu'il méritoit de tenir le second lieu entre tous les langages qui ont jamais esté , et le premier entre ceux qui sont aujourd'hui" |
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.Nos premiers "historiens" affirment que l'origine de la nation française est très antérieure à celle de la Grèce et de Rome : si nous ne pouvons le démontrer, c'est parce que les conquérants romains ont détruit systématiquement la culture des Celtes vaincus : pour la première fois apparaît chez l'humaniste Tory la notion d'ethnocide : la défense de la langue française prend une tout autre dimension : celle d'une lutte pour l'identité culturelle |
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L'Hercule françois
C'est dans le Champfleury de Tory que la valeur symbolique d'Hercule, héros mythologique de la force, représenté vêtu de peau de bête et armé d'une massue, est modifiée : pour les Gaulois, selon un écrivain grec, Lucien, il était le symbole de l'éloquence triomphant de la force.
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L'Hercule gaulois figure dès 1531 dans les Emblèmes d'Alciat, ce recueil de gravures très admiré au XVIe siècle. Il illustre la devise :"Eloquentia fortitudine praestantior" : l'éloquence l'emporte sur la force... |
Cet "Hercule gaulois"
- argument en faveur du français - eut un grand succès.
On voit sur cette gravure Hercule représenté avec ses attributs traditionnels : peau de bête et massue. Une petite chaîne relie la langue du personnage qui figure Hercule aux auditeurs ; cette chaîne pourrait facilement être brisée : elle retient librement prisonnière la foule captivée par l'art de la parole de cet Hercule gaulois.
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C'est sous le signe de cet "Hercules Gallique" qu'un dernier hommage est rendu à François 1er lors des fêtes organisées pour l'entrée de son fils Henri II à Paris, le dimanche 16 juillet 1549 |
François 1er, le roi défunt représenté sous les traits de l'Hercule Gaulois, rend hommage à l'Eloquence qui fait que chacun accepte "de franche volonté" l'autorité de son successeur :
Chacun
voyant aussi mon successeur m'ensuyvre,
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C'est au nom de cet
"Hercule gallique" (gaulois) que Joachim du Bellay adresse
aux Français l'appel à défendre et à illustrer
leur langue par lequel s'achève son livre. |
Donnez en cette Grece Menteresse,& y semez encor' un coup la fameuse Nation des Gallogrecz. Pillez moy sans conscience les sacrez Thesors de ce Temple Delphique, ainsi que vous avez fait autrefoys: & ne craignez plus ce muet apollon,ces faulx Oracles, ny ses fleches rebouchées. Vous souvienne de votre ancienne Marseille, secondes Athenes, et de votre Hercule Gallique, tirant les Peuples apres luy par leurs oreilles avecques une Chesne attachée à sa Langue " Fin de la Deffense
& illustration |
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