LIVRE X (Extrait -Traduction de Villenave 1806)

Les N° au début de l'extrait reproduit indiquent le N° des vers correspondants des Métamorphoses.

GANYMEDE

 

X, 143-161

Tels étaient les arbres que le chantre de la Thrace avait attirés autour de lui. Assis au milieu des hôtes de l'air et des forêts que le même charme a réunis, ses doigts errent longtemps sur les cordes de sa lyre; il essaie des accords différents; il chante, enfin :
Muse à qui je dois le jour, que Jupiter soit le premier objet de mes chants ! Tout cède au grand Jupiter. Souvent, sur des tons élevés, j'ai chanté sa puissance; j'ai chanté la défaite des Géants et les foudres vainqueurs qui les terrassèrent dans les champs Phlégréens.
Aujourd'hui, sur des tons plus légers, je chante les jeunes mortels que les dieux ont aimés, et ces filles coupables dont les feux impurs méritèrent un juste châtiment.
Jadis le roi des immortels aima le beau Ganymède. Dès lors à l'éclat de son rang il eût préféré l'humble condition des mortels. Il prend la forme trompeuse de l'oiseau qui porte son tonnerre; et soudain, fendant les airs, il enlève le jeune Phrygien, qui lui sert d'échanson dans l'Olympe, et verse le nectar dans sa coupe, en dépit de Junon.

 

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