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X,
143-161
Tels étaient les arbres que le chantre de la Thrace avait attirés
autour de lui. Assis au milieu des hôtes de l'air et des forêts
que le même charme a réunis, ses doigts errent longtemps
sur les cordes de sa lyre; il essaie des accords différents;
il chante, enfin :
Muse à qui je dois le jour, que Jupiter soit le premier objet
de mes chants ! Tout cède au grand Jupiter. Souvent, sur des
tons élevés, j'ai chanté sa puissance; j'ai chanté
la défaite des Géants et les foudres vainqueurs qui les
terrassèrent dans les champs Phlégréens.
Aujourd'hui, sur des tons plus légers, je chante les jeunes mortels
que les dieux ont aimés, et ces filles coupables dont les feux
impurs méritèrent un juste châtiment.
Jadis le roi des immortels aima le beau Ganymède. Dès
lors à l'éclat de son rang il eût préféré
l'humble condition des mortels. Il prend la forme trompeuse de l'oiseau
qui porte son tonnerre; et soudain, fendant les airs, il enlève
le jeune Phrygien, qui lui sert d'échanson dans l'Olympe, et
verse le nectar dans sa coupe, en dépit de Junon.
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