La "Mythologie" (ou science des
Mythes) n'est évidemment pas une science créée
par ceux pour qui ces mythes étaient vérité :
jamais les cités grecques n'auraient eu l'idée de faire
l'inventaire de leurs croyances et de faire de ces croyances un ensemble
de dogmes ! La "mythologie" en tant que répertoire
unifié de croyances n'a été constituée
qu'au XVIe siècle par un écrivain italien, Boccace,
dans un ouvrage qu'il a intitulé De la généalogie
des Dieux.
Ce titre s'inspire d'une des premières
oeuvres "mythologiques" des grecs, la Théogonie
d'Hésiode, qui s'efforce de transcrire dans un récit
continu les mythes d'origines diverses relatant la formation du cosmos
et l'origine des hommes...
A l'époque de la Renaissance, une
attitude d'accueil et de fervent respect caractérise la pensée
des intellectuels, en particulier à Florence
: on y voit une forme d'une même révélation donnée
à l'humanité, qui se serait revêtue de formes
différentes adaptées aux peuples et aux époques...
Ronsard parle de la poésie et des fables qui qui déguisent
:
"...........................................la vérité
des choses
D'un fabuleux manteau dont elles sont encloses" (Hymne de
l'Automne)...
Cette attitude changea brutalement en
France au XVIIe, avec la politique autoritaire de Louis XIV et le
pouvoir qu'il accordait à l'Eglise pour contrôler la
vie intellectuelle. L'Eglise souhaitait supprimer l'étude
de la mythologie, suspectée de répandre les croyances
du paganisme; mais la connaissance des divinités et des héros
de l'Antiquité était indispensable pour comprendre
les oeuvres d'art : la littérature, en particulier le Théâtre
classique, la sculpture, la peinture, puisaient une grande partie
de leurs sujets dans la mythologie. 
Aussi, à son grand regret, l'Eglise
dut admettre que la mythologie soit enseignée dans les collèges
et les universités : elle ne figura dans les programmes scolaires
que sous forme de dictionnaire. Le "Dictionnaire abrégé
de la Fable" fut utilisé comme manuel dans les établissements
scolaires à partir de sa première édition, en
1727 jusqu'au début du XIXe siècle, avec une préface
où l'auteur cherche visiblement à justifier l'enseignement
de "cet assemblage de contes misérables, la plupart
destitués de vraisemblance et dignes de mépris. Mais
on sait aussi que la connaisance de ces chimères poétiques
et païennes est absument nécessaire pour entendre les
Auteurs".