| JUNON (Héra) |
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Déesse des royaumes, reine des dieux, femme de Jupiter, et fille de Saturne et de Rhée. Jupiter, son frère, se métamorphosa
en coucou pour la tromper ; mais elle le reconnut, et ne voulut l'écouter
qu'à condition qu'il l'épouserait. Aussitôt qu'ils
furent mariés, elle devint si jalouse, qu'elle l'épiait
continuellement, ne cessant de persécuter ses concubines, et même
les enfants qu'il en avait eus. Elle suscita une infinité de traverses
à Mercure
et à plusieurs autres. Mais voyant que Jupiter ne l'écoutait
pas, elle se retira à Samos, où elle demeura longtemps.
Jupiter, pour la faire revenir, fit conduire un char, sur lequel il habilla
magnifiquement une image de bois, et faisait crier que c'était
Platée, fille d'Asope, qu'il allait épouser. Junon ayant
ouï ces cris, sortit en fureur et alla briser l'image ; mais lorsqu'elle
eut connu la malice de Jupiter, elle en rit et se raccommoda avec lui.
Après la défaite des dieux auxquels elle s'était
jointe dans leur révolte, Jupiter la suspendit en l'air et par
le moyen d'une paire de mules d'aimant, que Vulcain
inventa pour se venger de ce qu'elle l'avait mis au monde tout contrefait,
il lui attacha sous les pieds deux enclumes, après lui avoir lié
les mains derrière le dos avec une chaîne d'or. Les dieux
ne purent jamais la délier, et sollicitèrent Vulcain de
le faire, avec promesse de lui donner Vénus en mariage. Junon avait
un orgueil insupportable. Elle ne put jamais pardonner à Pàris
de ne lui avoir pas donné la pomme d'or sur le mont Ida, lorsqu'elle
discuta de la beauté avec Vénus et Pallas : elle se déclara
dès lors l'ennemie irréconciliable des Troyens, et poursuivit
sa vengeance jusques sur Enée. Ce prince étant sur ses vaisseaux
pour aller s'établir en Italie, elle alla trouver Êole, et
lui promit Diopée, la plus belle de ses nymphes, s'il voulait le
faire périr avec sa flotte ; mais Vénus (1)
le protégeait. Junon,
toujours attentive aux démarches de Jupiter, confia la vache Io
(2) à Argus,
que Mercure endormit et tua ; mais elle le métamorphosa en Paon,
et prit cet oiseau sous sa protection. Ayant appris que Jupiter avait
mis au monde Pallas sans elle, et qu'il l'avait fait sortir de son cerveau
; pour se venger, elle donna toute seule aussi la naissance à Mars
(3). Elle présidait aux mariages
et aux accouchements. Les poètes la représentaient sur un
char traîné par des paons, avec un de ces oiseaux auprès
d'elle. |
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